Une foule

Une foule

Accoudée à mon balcon, Paris 1er, je regarde la rue. Nous sommes le 3 janvier, dans quelques minutes commenceront les soldes. Dans la rue à mes pieds, des hommes, des femmes, des enfants même, attendent devant les portes des magasins, trépignent, rechignent. Au-dessus de leurs têtes, les décorations du Noël passé brillent toujours. Il fait froid. J’aperçois ça et là, dans la masse sévère des chapeaux et manteaux noirs, quelques points de couleur : une écharpe rouge, des gants verts… Quelques parapluies ont été ouverts, pourtant il pleut à peine. Les épaules se touchent, je ne vois pas les pieds. Les trottoirs débordent de personnes sur la chaussée, les voitures peinent à circuler. Ça klaxonne. Il s’élève jusqu’à moi un brouhaha étouffé, des discussions pour passer le temps, des impatiences. Des têtes se tournent, des visages touchent presque d’autres visages, froncent des sourcils. « Poussez-pas ! », disent-ils, j’imagine. Un enfant tient dans sa main un énorme ballon bleu, ça créé un vide autour de lui, le seul espace que je puisse voir. Les secondes s’égrènent comme des minutes, comme des heures. Le temps s’étire, la pluie arrive, vraiment. Puis les portes s’ouvrent. L’enfant lâche le ballon. Le ballon s’envole, l’espace se referme, et engloutit l’enfant.

el la plume

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