Le pouvoir des langues maternelles

Le pouvoir des langues maternelles

Les gens qui ont deux, parfois trois, langues maternelles, j’ai toujours trouvé ça très exotique. Et quand ils juxtaposent dans une même phrase, l’air de rien, des mots qui, pour les autres, appartiennent à des mondes très différents, ça en devient carrément sexy. « You see, we could take the train de quinze heure cinquante-cinq ».

Hé hé…

Ces gens, je les imagine vivre entre deux pays, dans des appartements fleuris aux tentures colorées, habitués aux voyages et aux contrôles d’aéroports, l’esprit serein et le bagage léger.

Ils ne se chargent pas des objets du « cas où », conscients que les compagnies de l’air, de la terre et des mers, leur fourniront de quoi passer un moment confortable. Ils ne se chargent pas non plus de cet air ahuri et soucieux qui vérifie horaires, itinéraires, terminaux, salles d’embarquement, poids des bagages, règles de sécurité, plutôt deux fois qu’une (mince, ai-je pensé à mettre mon tube de dentifrice dans son petit sachet congélation ?).

Est-ce l’habitude de parcourir le monde qui leur donne cette confiance, ou est-ce la sécurité que procure naturellement la maîtrise des langues ? Cette certitude que quoiqu’il arrive, l’autre pourra nous apporter secours, parce qu’il comprendra ce qui nous fait défaut. Cette certitude aussi d’être légitimes où ils veulent quand ils veulent, qu’ils sont partout chez eux, et que, dès lors, les services leur sont naturellement offerts. Pas besoin de s’excuser pour demander, quand on est chez soi…

Mais peut-être je me fais-je là bien des idées…

el la plume

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