Le père et l’enfant

Le père et l’enfant

« Qu’y a-t-il derrière le nuage ?, demanda l’enfant à son père.
– Il n’y a rien, derrière le nuage. Il n’y a rien d’autre que le ciel. À la rigueur, un autre nuage. »

L’enfant fronça les sourcils.

« Est-ce qu’il n’y a rien, ou est-ce qu’il y a le ciel ? Est-ce qu’il n’y a rien, est-ce qu’il y a le ciel, ou est-ce qu’il y a un autre nuage ? »

Un ange passa.

Le père préférait paraître sourd plutôt qu’idiot. Il sourit à l’enfant, puis replongea son regard dans la vallée qui s’étendait face à eux. L’herbe grasse nourrissait les chevaux ; la rivière abreuvait les vaches et les maisons ; la terre, épaisse, supportait les meules de foin et les bosquets. L’enfant regarda son père, puis ses mains, puis les chevaux. Il avait la patience de celui qui attend une réponse importante.

Le temps passa, et le soleil descendit, jusqu’à se cacher derrière les arbres au loin. Les nuages se groupèrent en un voile qui ne laissait plus passer les étoiles et la lune. Le père et l’enfant frissonnèrent. Il fallait rentrer désormais.

« Je vais te dire ce qu’il y a derrière le nuage », dit le père.

L’enfant leva les yeux.

« Il y a l’ange qui passe. »

el la plume

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