La fête est finie

La fête est finie

La fête est finie, les confettis s’envolent au gré du vent, par-delà les pavés, par-delà les murets. La mariée s’est envolée elle aussi, légère comme un ballon d’air, par-delà les contrées, par-delà les vallées.

Les confettis en transparence s’accrochent aux pierres de granit, aux lichens, et mon esprit s’envole, s’accroche, anicroche, fatigué, lourd, il retombe.

Le soleil sur les pavés, c’est la fin de la journée, le bruit de la fontaine, incessant, aura raison de la soirée. Moineaux, pigeons et tourterelles, l’encre de tes yeux, dans ma tête cette ritournelle.

Les gens d’ici se marient, comme les gens de partout. Enfant tu nais, tu grandis, tu vieillis et puis l’hospice. Envisager d’atterrir ici et d’y construire sa vie, ici ou ailleurs, un ailleurs semblable. Y croire un peu, pas complètement, en parler en vacances comme si, un jour, on pourrait décider de tout quitter.

La fête est finie, mais c’est une nouvelle vie qui commence. De nouvelles espérances. Marquer le temps de ces instants marquants.

Demain, les confettis seront ramassés, balayés, saisis. Déchetterie. La mariée regagnera son lit, le voyage fini. Et viendra le repos d’une paisible vie. Planter dans le jardin des hortensias, croiser les doigts, pourvu qu’ils restent bleus. Regarder par la fenêtre le temps qui passe, et puis les gens. Attendre souvent. Quoi ? On ne sait pas, mais ça viendra. Tout finit toujours par arriver. Même ici.

User ses chemises, ses robes, ses pantalons. Rapiécer. Changer. Jardiner. Laisser pousser même les mauvaises herbes. Et un jour, alors que les fleurs ne cessent pas de fleurir à nouveau, on s’éteint.

ellaplume

 

5 réactions au sujet de « La fête est finie »

    1. Merci pour le commentaire ! Il y a peut-être un peu de ça, mais attention, mes textes ne sont pas toujours autobiographiques ! 😉

      1. Connaissant personnellement l’auteure, j’ai toujours une petite tendance à lire entre les lignes. J’y ai trouvé, parfois, des détails familiers….

  1. Ce texte m’a touché. Il m’a parlé de mon angoisse de la fin de vie dans les mouroirs que sont les maisons de retraite.C’est pour ça que moi plus tard, quand le moment sera venu, j’irai me coucher dans le cimetière des éléphants.

    1. Merci pour ce partage ! Je vois que vous avez aussi un site web, et plusieurs romans à votre actif. Je prendrai plaisir à les découvrir ! À bientôt, el.

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